Juricomptabilité et évaluation d'entreprise

Articles from: August 2012

Référence en évaluation d’entreprise: A Reviewer’s Handbook to Business Valuation

 Le livre en évaluation d’entreprise: A Reviewer’s Handbook to Business Valuation- Practical Guidance to the Use and Abuse of Business Appraisal  de L. Hood et T Lee, Wiley , 2011 me semblait, avant de l’acheter, intéressant. On mentionnait que c’était le seul livre écrit pour des évaluateurs et des avocats donc qu’il était différent. Il est tout à fait ordinaire.

Il est comme un livre d’évaluation dans lequel les standards américains et canadiens ( 2 gros  chapitres)  en évaluation y sont expliqués ainsi que les différentes méthodes d’évaluation d’une entreprise.

Il y a 2 chapitres qui sont intéressants  et portent  les erreurs des évaluateurs (50 pages ) devant la Cour ( États-Unis).Pour environ 70$, ça ne vaut pas le coût.

 

 

Référence en juricomptabilité: Investigation financière et juricomptabilité – Guide de bonnes pratiques de Guylaine Leclerc et. al

Le livre  Investigation financière et juricomptabilité – Guide de bonnes pratiques de Guylaine Leclerc, Emmmanuel Charrier et Manon Roy ( édité en 2012) est le seul livre de  référence écrit en français sur la juricomptabilité selon les normes en vigueur et applicables au Québec.

Ce volume décrit l’approche globale à suivre lors d’un mandat de juricomptabilité.  C’est un livre sur les processus d’investigation financière  et les auteurs détaillent toutes  les étapes d’un mandat d’investigation financière et de juricomptabilité du contact initial avec le client  (avant le mandat) jusqu’à la présence en Cour de l’expert (attitude, témoignage, préparation, etc.). Chacune des étapes y est expliquée , les normes qui s’appliquent et  on y fait référence à des situations pratiques avec des cas connus tels que  Lambert c. Quirion, Lacroix. Cet élément apporte un degré de facilité pour la compréhension des concepts et permet de mieux visualiser les procédures. C’est un livre “pratico-pratique” , bien écrit et bien étayé, qui , selon moi, devrait  être le volume de référence obligatoire pour un premier cours en juricomptabilité à l’université. La première partie du livre, l’introduction, décrit les organisations, accréditations professionnelles, règlementation en lien avec la juricomptabilité qui existe au Canada, aux États-Unis et en France.

La reliure, la mise en page et le graphisme sont d’une excellente qualité. C’est un des plus beaux livres édités chez les Editions Yvon Blais que j’ai lus  et vus. Les images, tableaux ont un fonds en couleur agréable. Le livre se lit bien, et est bien numéroté. Je dirais que c’est dans les livres les mieux faits que j’ai lus en juricomptabilité, en termes de présentation et de graphisme. Le “look” est parfait.

Autre référence: Editions Yvon Blais

Référence en évaluation d’entreprise et quantification des dommages :Measuring Business Interruption Losses and Other Commercial Damages

Le livre de Patrick A. Gaughan ” Measuring Business Interruption Losses and Other Commercial Damages”  sur l’évaluation des pertes dues à une interruption d’une entreprise et les dommages commerciaux est un excellent volume écrit par un spécialiste en économétrie. Habituellement les livres en évaluation d’entreprise et/ou quantification des dommages du point de vue quantitatif sont écrits par des comptables qui sont des  experts en évaluation d’entreprise, ce qui fait que ce volume a une approche beaucoup plus technique en termes de modélisation et de statistiques.

Par exemple, l’utilisation de la régression linéaire est très  bien expliqué. On peut facilement utiliser Excel et obtenir une droite de régression  en y insérant des données historiques. Mais cette formule obtenue est-elle valise statistiquement parlant? L’auteur détaille les embuches de cette analyse et explique les comment s’assurer que le modèle est fiable.

Sa démarche d’analyse sur l’évaluation d’entreprise et la quantification des dommages se base sur des analyses statistiques détaillées pour l’évaluation des profits perdus, les  sur des placements suite à une fraude,  la quantification des dommages, les dommages sur la propriété intellectuelle.

C’est un volume à avoir dans sa bibliothèque  car son approche au niveau des prévisions est supportée par des méthodes statistiques. On y retrouve aussi des références à la jurisprudence américaine ainsi que des extraits des témoignages d’experts.

‘Measuring Business Interruption Losses and Other Commercial Damages” de Patrick A Gaughan, Second Edition, Wiley,2009, 510 pages.

Pour d’autres volumes sur l’évaluation d’entreprise, voir :

http://juricomptable.com/2012/08/evaluation-entreprise-the-management-projections-valuations-bvr-special-report/

http://juricomptable.com/2012/02/reference-the-dark-side-of-valuation-valuying-young-distressed-and-complex-businesses-de-damodaran/

Expressions cocasses : la main visible des tripatouillages éhontés

J’ai lu une expression colorée sur le blog finance de Frédéric Lordon  ( blogues du diplo -pompe à phynance)  en écrivant sur  le scandale du Libor en Angleterre et des manipulations par les financiers des taux d’intérêts. Une belle expression qui est une grimace au concept de la main invisible d’Adam Smith qui régit le marché pour le bien-être et la richesse de tous:

 la main visible de tripatouillages éhontés

 

Définition du Libor: Chaque jour, les membres d’un panel de banques sont chacun invités à répondre à la question de savoir quel lui semble le taux adéquat auquel emprunter auprès de ses chers confrères. La British Bankers Association recueille les réponses, élimine le quart du haut, le quart du bas, et fait la moyenne de la moitié du milieu. Le taux qui sort s’appelle le Libor, comme London Interbank Offered Rate, il se calcule pour une multiplicité d’échéances, de un jour à douze mois, et sert de référence à tous les marchés de gros du crédit, soit plusieurs trillions de dollars de contrats de dette… Inutile de dire que le plus léger tripatouillage du Libor a potentiellement des répercussions astronomiques.

 

À lire: Péripéties financières de F. Lordon à l’adresse suivante: http://blog.mondediplo.net/2012-07-23-Peripeties-financieres-Libor-et-taux-d-interet

 

 

 

Fraude: rapport annuel de 2012 de l’ACFE

Comme à chaque année l’Association of Certified Fraud Examiner publie les résultats de son enquête sur les fraudes, le rapport annuel 2012 de l’ACFE est disponible.

Voici les résultats:

  •  La détection vient dans 43 % des cas d’un indice d’une personne (tip ou tuyau), dans 14,6% la détection vient d’une revue de la direction et dans 14,4% des cas la détection vient d’un audit;
  • Dans 51% des cas, les indices d’une personne  viennent d’un employé et dans 22% des cas, l’indice vient d’un client;
  • La fraude moyenne est de 147 000 $ pour les entreprises de moins de 100 employés,;
  • La méthode privilégiée de fraude est par la facturation ( par exemple fausses factures) dans 32,2 % des cas et de 28% dans le cas de la corruption;
  • Dans 41,6% la fraude est faite par un employé et dans 37,5% elle est faite par un directeur.

Pour plus d’information, voir la présentation power point.

Le power point ( en anglais)  peut être télécharger à l’adresse suivante: http://www.acfe.com/rttn.aspx

Évaluation d’entreprise : Pouvez-vous expliquer ce qu’est le “Gordon Growth Model”

Je lisais de la jurisprudence américaine sur l’évaluation d’une entreprise où il y avait plusieurs experts impliqués dans le dossier. L’avocat de la partie défenderesse a demandé aux experts d’expliquer ce qu’est le “Gordon Growth Model”. Un des experts n’a pas été capable de répondre.

Selon ce modèle, la valeur d’une action est fonction de la somme des dividendes futures que cette action recevra. La formule utilisée est la suivantes:

P  =  D / ( r – g)

 

P : prix de l’action

D: valeur du dividende

r: coût de l’équité pour cette compagnie

g: Taux de croissance du dividende à perpétuité.

 

Référence:http://en.wikipedia.org/wiki/Dividend_discount_model

 

 

Évaluation d’entreprise et prévisions financières: “The Use of Management Projections for Valuations : A BVR Special Report”

Ce document regroupe les textes d’une conférence, ainsi que la jurisprudence américaine,  sur l’utilisation des prévisions et projections  financières de la direction lors de l’évaluation d’une entreprise. Une évaluation d’entreprise repose sur les prévisions ( ou projections) des flux monétaires lorqu’on utilise la méthode de l’actualisation des flux monétaires ( DCF –  Discounted Cash Flow ). Ce n’est pas à l’expert en évaluation d’entreprise de préparer des prévisions financières, il doit utiliser les prévisions  ( ou projections) disponibles qui sont fournies par la direction. Les prévisions financières sont  des variables les plus importantes dans l’évaluation d’une entreprise et il faut être conscient du principe “garbage in, garbage out”). Les études dans ce domaine démontrent que la direction des entreprises ont tendance à être des plus optimistes lorsque vient le temps de chercher du financement, de fusionner ou de vendre l’entreprise. L’ évaluateur doit être conscient du biais et des intérêts de la direction lorsque cette dernière soumet des données financières futures. Il est du rôle de l’expert d’avoir une  bonne dose de suspicion ,  d’ analyser ces données et de les ajuster pour éliminer les biais possibles car tout son travail se base sur ces données.

Les prévisions ou projections financières doivent être basées sur:

  • Les données historiques de l’entreprise;
  • Les données historiques des entreprises de la même industrie ou du même marché;
  • Analyse des prévisions et projections de l’entreprise mais aussi analyse des tendances du marché et des opinions des experts;
  • Étude de l’industrie et études de marché;
  • Données gouvernementales;
  • Habiletés de l’entreprise à rencontrer ses prévisions antérieures.

À mon avis, ce document est l’ outil de référence   lors de l’utilisation de prévisions ou projections financières. La lecture de la jurisprudence permet d’identifier les lacunes qu’un rapport d’évaluation peut avoir quant aux prévisions financières utilisées.

Dans les cas d’un nouveau produit, d’une nouvelle entreprise, de l’accès à un nouveau marché la prudence s’impose encore plus. L’incertitude est grande et il ne faut pas oublier que les sources des projections doivent être valides et les chiffres doivent être supportées. L’effort de corroboration des données doit être fait.

“The Use of Management Projections for Valuations : A BVR Special Report” , 2011 publié par Business Valuation Resource.

ua-7044257-1